Une boutique peut avoir un excellent catalogue, des prix justes et de belles photos — et les clients repartent quand même parce qu’ils ne trouvent pas ce dont ils ont besoin. Dans ces moments-là, le problème ne vient généralement pas du produit mais de la navigation. Cet article passe en revue chaque type de menu Shopify courant et, plus important encore, le goulot d’étranglement que chacun a été conçu pour résoudre. La partie technique reste minimale, l’accent étant mis sur ce qui aide les clients à acheter plus facilement.
Avant d’entrer dans les détails, un chiffre mérite d’être retenu : selon le Baymard Institute, le taux moyen d’abandon de panier avoisine les 70 % et reste stable depuis des années. Tout ne vient pas de la navigation, mais une partie tient à des clients qui n’atteignent pas la page qu’ils cherchent, ou l’atteignent trop tard et finissent par abandonner.
Mega Menu : montrer aux clients tout le catalogue d’un coup d’œil
Un Mega Menu ouvre un grand panneau qui affiche de nombreuses catégories à la fois, souvent accompagnées d’images. Il résout un goulot d’étranglement précis sur ordinateur : les clients ne savent pas ce que la boutique vend, ni l’étendue de la gamme.
Imaginez une boutique de mode avec quelques centaines de références. Si le menu se contente de lister « Homme / Femme / Accessoires », les clients doivent cliquer, attendre le chargement de la page, et seulement là découvrir ce qu’elle contient. Chaque clic est une occasion de changer d’avis. Un Mega Menu leur permet de parcourir d’un seul survol « Chemises, Jeans, Vestes, Chaussures… », avec quelques images pour susciter l’intérêt.
Cela fonctionne parce que les clients ont tendance à balayer du regard un menu large aux regroupements clairs pour s’orienter, plutôt que de tâtonner couche après couche. Pour une boutique avec de nombreuses gammes de produits, c’est souvent le premier type de menu Shopify à envisager pour la version ordinateur.
Une remarque : un Mega Menu est efficace lorsque le catalogue est assez large pour mériter d’être exposé. Si vous n’avez que 15 produits, un menu classique suffit ; les entasser dans un Mega Menu donnera une impression de vide et de fouillis.
Tab Bar : abandonner le hamburger, mettre les actions clés au bout du doigt
Sur mobile, de nombreuses boutiques choisissent par défaut de cacher toute la navigation derrière l’icône à trois traits (le menu hamburger). C’est là qu’une Tab Bar — une barre de navigation fixe en bas de l’écran — aide le plus.
Il y a deux raisons à cela. D’abord, les recherches en ergonomie du Nielsen Norman Group montrent qu’une navigation cachée derrière un hamburger est bien moins remarquée et utilisée qu’une navigation laissée visible ; les tâches prennent aussi plus de temps. En clair : ce qui est caché reçoit moins de taps.
Ensuite, il y a la façon dont les gens tiennent leur téléphone. Une étude de Steven Hoober, menée sur plus de 1 300 personnes, a révélé que la plupart tiennent leur téléphone d’une seule main et l’utilisent principalement avec le pouce. La zone que le pouce atteint le plus facilement est la moitié inférieure de l’écran. Le hamburger, lui, se trouve dans le coin supérieur — précisément la zone difficile à atteindre. Une Tab Bar place Accueil, Catégories, Recherche et Panier tout en bas de l’écran, exactement là où repose le pouce.
Pour les marchands dont presque chaque commande provient d’un téléphone, un seul tap pour ouvrir le panier ou lancer une recherche peut faire la différence entre une commande et une application fermée. C’est celui que je conseille généralement d’essayer en premier sur mobile.
Slide Menu : présenter une arborescence de catégories à plusieurs niveaux sans submerger
Une Tab Bar convient à quelques parcours principaux, mais elle ne peut pas contenir une arborescence de catégories profonde dans son intégralité. C’est le rôle du Slide Menu — un panneau qui glisse depuis le bord de l’écran.
Le goulot d’étranglement ici, c’est une boutique à structure multi-niveaux : grands rayons, sous-catégories, puis sous-catégories de celles-ci. Tout déverser d’un coup submerge les clients ; le cacher trop bien fait qu’ils ne le voient jamais. Un Slide Menu gère cela en ouvrant un niveau à la fois — toucher « Maison » fait glisser vers la couche des articles qu’elle contient.
Un exemple familier est une épicerie en ligne ou un magasin de pièces détachées, où l’on compte des dizaines de groupes de produits. Les clients suivent l’arborescence des catégories sans faire défiler une liste interminable. Un Slide Menu garde l’écran ordonné à chaque étape, laissant les clients descendre en profondeur à leur propre rythme.
Slide Menu et Tab Bar ne s’excluent pas mutuellement. Une configuration courante consiste à laisser la Tab Bar gérer les parcours les plus fréquentés, tandis qu’un onglet « Catégories » ouvre un Slide Menu pour la structure complète.
FAB : garder une action importante toujours à portée de main
Un FAB (bouton d’action flottant) est un bouton rond fixe, généralement dans le coin inférieur, qui flotte au-dessus du contenu pendant que les clients font défiler la page. Il résout un goulot d’étranglement modeste mais fréquent : les clients lisent jusqu’au milieu d’une fiche produit et le bouton important a déjà disparu de la vue.
À mesure que les clients descendent pour consulter la description, les photos et les avis, le bouton « Ajouter au panier », « Discuter sur Zalo » ou « Appeler pour commander », qui était là tout en haut, a disparu. Ils doivent remonter, et chaque étape supplémentaire est une occasion de partir. Un FAB ancre l’unique action que vous voulez voir les clients accomplir, toujours présente, et placée dans la zone facile d’accès pour le pouce.
L’essentiel, c’est la sobriété : un FAB ne devrait contenir qu’un seul CTA. Y entasser trois ou quatre boutons flottants masquera le contenu et produira l’effet inverse. Un bouton, une seule fonction.
Vitesse de chargement : un menu beau mais lent est pire qu’un menu laid
Cette section compte tout autant que les quatre types ci-dessus. Un menu qui paraît élégant mais qui fait saccader et ralentir la page perdra les clients avant même qu’ils ne puissent l’utiliser.
Google mesure l’expérience à travers les Core Web Vitals, avec des seuils « bons » : LCP sous 2,5 secondes (vitesse d’affichage du contenu principal), INP sous 200 millisecondes (réactivité au toucher) et CLS sous 0,1 (stabilité, pour éviter que la mise en page ne saute partout). Un menu lourd peut faire chuter les trois — surtout le CLS, lorsqu’un menu qui se charge en retard fait sauter le contenu en dessous et amène les clients à toucher le mauvais élément.
Cela mérite d’être souligné, car les boutiques installent souvent de nombreuses applications, et chaque application ajoutée peut alourdir le chargement. Une application de menu mal écrite ralentira discrètement chaque page.
C’est là que Navi+ tente de faire les choses différemment. Navi+ est un constructeur de navigation sans code qui peut créer un Tab Bar, un Mega Menu, un Slide Menu, un FAB et un Grid Menu, configurer séparément mobile et ordinateur, et qui est optimisé pour ne pas plomber les Core Web Vitals. Le menu reste également intact lorsque vous changez de thème, ce qui vous évite de tout reconstruire à chaque fois que vous rafraîchissez l’apparence. Vous pouvez en savoir plus sur naviplus.io. Je le mentionne ici parce que la vitesse est le critère que les marchands ont tendance à oublier au moment de choisir une application de menu — et elle influence la conversion plus qu’on ne le pense.
En résumé
Chaque type de menu répond à un goulot d’étranglement différent. Il n’existe pas de « meilleur » absolu — seulement celui qui correspond à la manière dont vos clients se perdent :
- Mega Menu — les clients ne voient pas tout le catalogue sur ordinateur.
- Tab Bar — les actions clés cachées derrière le hamburger sur mobile.
- Slide Menu — une arborescence de catégories à plusieurs niveaux qui submerge.
- FAB — le CTA principal qui s’éloigne à mesure que les clients font défiler.
- Vitesse — la base qui donne tout leur sens aux quatre types ci-dessus.
L’approche concrète consiste à revenir sur le parcours client de votre propre boutique, à repérer les endroits où ils ont tendance à se bloquer, puis à choisir le type de menu qui corrige précisément ce point — plutôt que d’installer pour le plaisir d’installer.
Cet article fait partie du guide plus large sur Pourquoi les clients visitent votre boutique sans acheter — et le rôle de la navigation.